avril 24, 2026

Énergie et eau : un impératif de civisme au cœur de la Transition malienne.

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Face à la jeunesse engagée, le ministre Tiémoko Traoré appelle à une responsabilité collective pour préserver des ressources vitales et soutenir la souveraineté nationale .

Dans l’enceinte du Palais des Pionniers, l’École de la Citoyenneté a servi de cadre à une intervention d’envergure consacrée aux enjeux cruciaux et de l’eau au Mali. Devant la cinquième cohorte de jeunes leaders en formation, le ministre de l’Énergie et de l’Eau, le Pr Tiémoko Traoré, a livré un exposé à la fois lucide et mobilisateur, inscrit dans la dynamique de la Transition.

Placée sous l’égide du ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, Abdoul Kassim Ibrahim Fomba, cette rencontre pédagogique visait à sensibiliser les futurs décideurs aux défis structurels liés à l’accès aux services essentiels. Elle s’inscrit dans une vision stratégique portée au sommet de l’État, où l’accès à l’eau potable et à l’électricité est considéré comme un levier fondamental de dignité humaine et de développement économique.

Dès les premières minutes de son intervention, le ministre a opté pour une approche de vérité. Il a exposé, sans détour, les contraintes majeures qui pèsent sur les secteurs dont il a la charge. Parmi celles-ci figure la forte dépendance du pays aux ressources énergétiques importées. En l’absence de production pétrolière nationale, le Mali demeure vulnérable aux fluctuations des marchés internationaux, aux défis logistiques ainsi qu’aux contraintes sécuritaires liées à l’approvisionnement en hydrocarbures.

À cette réalité s’ajoutent les difficultés inhérentes au transport de l’électricité. Le ministre a notamment évoqué les pertes significatives enregistrées sur les longues distances, à l’image du réseau reliant le barrage de Manantali à la capitale. Un facteur qui pèse lourdement sur l’efficacité globale du système énergétique.

Le secteur de l’eau n’est pas en reste. À Bamako, les installations de Kabala font face à une pression constante, exacerbée par une urbanisation rapide. La dépendance des infrastructures hydrauliques à l’électricité complexifie davantage la situation, créant un enchevêtrement de contraintes techniques qui nécessitent des investissements conséquents pour être résolues durablement.

Au-delà du diagnostic, le message central de cette intervention s’est voulu résolument civique. Le ministre a insisté sur la nécessité d’un changement de posture collective. « Dans une société où tous sont égaux en droits, chacun doit également assumer sa part de devoirs », a-t-il affirmé, appelant à une appropriation citoyenne des enjeux liés à la gestion des ressources.

Dans cette perspective, la lutte contre le gaspillage, la protection des infrastructures et l’usage rationnel de l’eau et de l’électricité apparaissent comme autant d’actes de patriotisme. Il ne s’agit plus seulement d’attendre des réponses institutionnelles, mais de contribuer activement à la préservation du bien commun.

La rencontre s’est achevée par une session d’échanges directs entre le ministre et les participants. Les interrogations, parfois incisives, ont porté sur les délestages, la facturation ou encore l’extension des réseaux. En apportant des réponses jugées précises et transparentes, le ministre a transformé cet exercice en un moment de redevabilité publique, consolidant ainsi le lien de confiance entre les institutions et la jeunesse.

À travers cette initiative, l’École de la Citoyenneté confirme son rôle de creuset d’une conscience civique renouvelée, où la gestion responsable des ressources vitales s’impose comme un pilier du Mali de demain.

Krotoumou Traore

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