juin 5, 2026

Opération « Dougoukoloko » : Tolérance zéro face aux refuges terroristes, cartographie des zones interdites

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Armee

Le tournant est officiel et particulièrement rigoureux. Par un arrêté interministériel daté du mercredi 3 juin 2026, pas moins de six ministères clés de la transition, incluant la Défense, la Justice, l’Administration territoriale, la Sécurité, les Transports et l’Environnement, ont acté la création de Zones d’intérêt militaire d’accès interdit à la population civile.

Cette mesure d’envergure s’inscrit dans le cadre d’une nouvelle dynamique offensive baptisée Opération « Dougoukoloko ». Elle abroge les dispositions antérieures de décembre 2023 qui se limitaient à des restrictions « d’accès limité » sous l’opération Maliko.

Désormais, le ton est au verrouillage absolu de plusieurs dizaines de massifs forestiers et parcs nationaux à travers le pays.

Tolérance zéro face aux refuges terroristes

Le texte de l’arrêté ne laisse place à aucune ambiguïté quant au sort réservé aux périmètres ciblés. Le document officiel stipule explicitement à l’Article 2 : « Les Zones d’intérêt militaire d’accès interdit à la population civile sont des espaces susceptibles de servir de refuges aux Groupes Armées Terroristes. A ce titre, l’Etat-major général des Armées traite systématiquement toutes les cibles se trouvant dans lesdites zones. »

Cette consigne de fermeté implique un avertissement crucial pour les populations : toute présence non autorisée dans ces secteurs sera assimilée à une menace hostile. Seuls les corps habillés (Forces Armées et de Sécurité, Agents des Douanes, agents des Eaux et Forêts) pourront y circuler, et ce, exclusivement sur ordre du Chef d’Etat-major général des Armées.

Des dizaines de forêts bouclées

L’Article 5 du décret dresse une liste exhaustive des sanctuaires naturels désormais interdits d’accès. Ce maillage concerne une quarantaine de sites stratégiques répartis sur l’ensemble du territoire, parmi lesquels :

Régions de Koulikoro, Kati et environs : Les forêts de la Faya (Zantiguila), des monts Manding (Faraba), de Keniebaoulé et Bossofala (Neguéla), ou encore de Kangaba.

Zone Ouest et Nord-Ouest (Kayes, Kita, Nioro, Nara) : Les forêts de Dag Dag et de la Falémé (Kayes), de Kobri (Kita), de Loraka Bane (Nioro), de Gringalé et la très stratégique forêt de Wagadou (Nara), ainsi que le vaste Parc national de la Boucle du Baoulé.

Régions Sud (Sikasso, Bougouni, Koutiala, Yanfolila) : Les forêts de Kékoro (Bougouni), de Farako (Sikasso), de Kamberke (Kadiolo), de Lougouani (Misseni), de Dialakoro (Garalo), de Koba (Koutiala), de Diangoumérila (Yanfolila), ainsi que la forêt privée de Bakary TOGOLA (Bananzolé).

Régions du Centre et du Delta (Ségou, San, Macina, Mopti) : Les forêts de Dioforongo (Zambougou), Koulala (Baraouéli), Doukoloma (Katiéna), Falra et Miyo (Ségou), Sossebougou et Fi (Macina), ou encore de Tangadrin (Goundam).

La mise en œuvre pratique de ce cordon sécuritaire est confiée aux différents Commandants des Théâtres d’opérations. Les populations civiles vivant à proximité de ces massifs forestiers sont appelées à la plus grande vigilance et au strict respect des nouvelles consignes, sous peine d’être exposées à la puissance de feu des opérations de ratissage qui s’annoncent imminentes.

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