Sénégal: Abdoulaye Wade, 100 ans au cœur de l’histoire politique
Figure majeure de la vie politique sénégalaise pendant plus d’un demi-siècle, Abdoulaye Wade célèbre ce vendredi 29 mai 2026 son centième anniversaire. Opposant historique devenu troisième président de la République du Sénégal en 2000, Me Wade demeure l’un des acteurs les plus marquants de l’histoire politique contemporaine du pays.
Né officiellement le 29 mai 1926 à Kébémer, dans le nord-ouest du Sénégal, l’avocat Abdoulaye Wade, professeur de droit et homme politique s’impose dès les années 1970 comme la principale voix de l’opposition face au pouvoir socialiste alors dominé par le Parti socialiste de Léopold Sédar Senghor puis d’Abdou Diouf.
En juin 1974, il fonde le Parti démocratique sénégalais (PDS), dans un contexte d’ouverture progressive du multipartisme. Porté par le célèbre slogan « Sopi » (« changement » en wolof), Abdoulaye Wade construit patiemment une alternative politique crédible, multipliant les tournées nationales et les combats politiques contre le régime en place.
Candidat malheureux à plusieurs élections présidentielles — en 1978, 1983, 1988 et 1993 — il finit par incarner l’espoir de l’alternance démocratique. Le 19 mars 2000, après vingt-six années de lutte politique, il remporte le second tour de l’élection présidentielle face à Abdou Diouf avec plus de 58 % des suffrages, mettant fin à quarante ans de pouvoir socialiste au Sénégal.
Son accession à la magistrature suprême ouvre une nouvelle phase politique marquée par d’importants projets d’infrastructures et de modernisation. Sous sa présidence, plusieurs réalisations structurantes voient le jour, notamment l’autoroute à péage Dakar-Diamniadio, le nouvel aéroport international Blaise Diagne, divers échangeurs routiers à Dakar ainsi que le Monument de la Renaissance africaine, inauguré en avril 2010 et devenu l’un des symboles architecturaux du pays.
Sur le plan institutionnel, son régime fait adopter en 2001 une nouvelle Constitution visant à renforcer les institutions démocratiques et à moderniser l’État. À l’échelle continentale, Abdoulaye Wade défend également une vision panafricaniste à travers son engagement dans le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), initiative destinée à promouvoir le développement économique et la coopération entre États africains.
Réélu en février 2007, Me Wade voit toutefois sa fin de règne marquée par des tensions politiques et sociales, notamment autour de sa candidature controversée à un troisième mandat en 2012. Contestée par une large partie de l’opposition et de la société civile, cette candidature provoque plusieurs mois de mobilisation dans le pays.
Le 25 mars 2012, il est finalement battu au second tour par Macky Sall, son ancien Premier ministre devenu principal adversaire politique. Abdoulaye Wade quitte alors le pouvoir après douze années à la tête de l’État, dans un contexte salué pour la maturité démocratique du Sénégal.
Installé depuis plusieurs années à Versailles, l’ancien chef de l’État continue néanmoins d’exercer une influence sur la scène politique sénégalaise à travers le PDS et ses prises de position régulières. Surnommé affectueusement « Gorgui » (« le vieux » en wolof) par ses partisans, Abdoulaye Wade reste associé à l’alternance démocratique de 2000 et à l’enracinement du pluralisme politique au Sénégal.
À 100 ans, l’ancien président incarne encore, pour nombre de Sénégalais, une figure incontournable de l’histoire politique nationale.
SS/te/Sf/APA
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