Bamako : la jeunesse lance « N’TÈ NTALA », une mobilisation nationale contre l’extrémisme et les dérives sociales.
Au Gouvernorat du District, autorités et organisations de jeunesse scellent un engagement collectif pour la paix, la cohésion sociale et la souveraineté citoyenne.
Dans un contexte national et régional marqué par la recrudescence des violences et des tentatives de manipulation des consciences, le Gouvernorat du District de Bamako a accueilli, ce jeudi, la cérémonie officielle de lancement de l’initiative « N’TÈ NTALA ». Portée par le Conseil régional de la jeunesse du District de Bamako, cette démarche ambitieuse s’inscrit dans une dynamique de sursaut patriotique et de responsabilisation de la jeunesse face aux défis contemporains.
Dès l’entame de la rencontre, l’affluence et la diversité des participants ont donné le ton de l’importance accordée à cette initiative. Autorités administratives, légitimités coutumières et religieuses, représentants des organisations socio-professionnelles, syndicats, membres de la société civile, ainsi que l’Association des femmes (CAFO), ont massivement répondu à l’appel. La présence de M. Sory Ibrahima Cissé, président du Conseil national de la jeunesse du Mali, a davantage rehaussé l’envergure de l’événement.

Au cœur de cette mobilisation, un slogan sans équivoque : « Non à la violence, non au terrorisme, non à l’amalgame, non à la trahison et non à l’exclusion ». Un message fort, unanimement salué par les participants, dans un contexte où de nombreux jeunes, souvent sans véritable consentement éclairé, se retrouvent enrôlés dans des dynamiques extrémistes ou manipulatoires.
Représentant le Gouverneur du District de Bamako, M. Moussa Dembélé, conseiller au Gouvernorat, a livré un discours structurant, mettant en exergue les enjeux de cette rencontre. Il a rappelé que la jeunesse, en dépit de son potentiel, demeure particulièrement exposée aux stratégies de recrutement des groupes terroristes et des réseaux de désinformation.
« Dans un environnement marqué par la montée des extrémismes violents et des tentatives de déstabilisation, les jeunes font face à des défis multiples : pressions économiques, discours de haine, stigmatisation de certaines communautés. Il est donc impératif de transformer cette vulnérabilité en une force de résilience », a-t-il souligné.
Selon lui, l’initiative « N’TÈ NTALA » traduit une volonté claire de la jeunesse de refuser toute instrumentalisation et de réaffirmer son attachement aux valeurs de citoyenneté responsable et de patriotisme. Il a, à cet effet, salué une démarche qui « constitue un véritable bouclier moral » contre les dérives sociales et sécuritaires.
Prenant la parole devant une assemblée attentive, le président du Conseil régional de la jeunesse du District de Bamako, M. Aly Kouma, a tenu un discours mobilisateur, axé sur la responsabilité historique de la jeunesse malienne. Avec fermeté, il a réaffirmé l’engagement des jeunes à préserver l’unité nationale et à rejeter toute forme de manipulation.
« Notre unité est notre force. Notre loyauté envers le Mali est totale et non négociable. Nous refusons d’être instrumentalisés, divisés ou utilisés contre notre propre nation », a-t-il déclaré, sous les applaudissements.
Au-delà des déclarations d’intention, M. Kouma a présenté un plan d’actions concret visant à traduire cet engagement en résultats tangibles. Parmi les axes annoncés figurent le lancement de campagnes digitales portées par les jeunes eux-mêmes, l’organisation de forums citoyens, le rapprochement entre la jeunesse et les forces de défense et de sécurité, ainsi que la promotion d’activités sportives et culturelles pour renforcer le vivre-ensemble.
Il a également insisté sur l’importance de la formation à l’esprit critique, afin de lutter efficacement contre la désinformation et les discours de haine. « Une jeunesse informée est une jeunesse protégée, et une jeunesse engagée est le socle d’une nation souveraine », a-t-il affirmé.
Représentant le ministère de la Jeunesse et des Sports, M. Moussa Benbera a, pour sa part, salué une initiative « exemplaire » et appelée à être dupliquée à l’échelle nationale. Il a rappelé que des actions similaires ont déjà été entreprises dans certaines régions du pays, notamment à Ménaka et Bandiagara, soulignant ainsi la nécessité d’une synergie nationale.
Dans un ton engagé, il a exhorté la jeunesse malienne à faire bloc face aux menaces, qu’elles soient internes ou externes. « Si la jeunesse du Mali, de Kayes à Kidal, de Gao à Bamako, refuse le terrorisme, la manipulation et la trahison, aucune force ne pourra déstabiliser notre pays », a-t-il déclaré.
Il a également insisté sur le rôle déterminant des jeunes dans la construction d’un Mali conforme aux aspirations nationales : un pays stable, uni et tourné vers le développement. Selon lui, les jeunes doivent non seulement prendre conscience de leurs responsabilités, mais aussi s’engager activement dans la gestion des affaires publiques.
Moment fort de la cérémonie, la signature du document d’engagement « N’TÈ NTALA » par de nombreux participants est venue consacrer l’adhésion collective à cette initiative. Ce geste symbolique traduit une volonté partagée de rompre avec les logiques de violence et de division, pour inscrire durablement la jeunesse dans une dynamique de paix et de construction nationale.
Au terme de la rencontre, les organisateurs ont exprimé leur ambition de voir cette initiative s’étendre à l’ensemble des communes du District de Bamako, avant d’être généralisée à toutes les régions du Mali. L’objectif étant de créer une véritable chaîne de solidarité et de vigilance citoyenne à l’échelle nationale.
En définitive, le lancement de « N’TÈ NTALA » apparaît comme un tournant significatif dans l’engagement de la jeunesse malienne. Plus qu’un simple slogan, il s’agit d’un appel à l’action, d’un engagement collectif et d’une affirmation claire : celle d’une jeunesse consciente, déterminée et résolument tournée vers la paix, l’unité et la souveraineté du Mali.
Boubacar Sanogo
