Féminicide présumé à Kalaban-Coro : une mère de famille perd la vie dans des circonstances tragiques
Après une dispute conjugale, un homme s’est présenté à la police ; une enquête judiciaire est en cours pour établir les circonstances exactes du drame .
Un drame d’une rare gravité a bouleversé les habitants de Kalaban-Coro, en périphérie de Bamako, dans la nuit du mardi 4 au mercredi 5 août 2026. Une femme d’une trentaine d’années, connue dans son entourage sous le prénom d’usage « Za », a perdu la vie au domicile conjugal. Son époux, marié et père de quatre enfants avec elle, s’est ensuite présenté aux services de police. Une enquête a été ouverte afin de déterminer avec précision les circonstances de cette affaire.
Selon plusieurs témoignages recueillis auprès de proches et de voisins, le couple avait auparavant résidé à Kalaban-Coura, en Commune V du District de Bamako, avant de s’installer à Kalaban-Coro. La victime exerçait une activité de vente de médicaments traditionnels destinés principalement à une clientèle féminine. Malgré son déménagement, elle continuait de se rendre quotidiennement au marché de Kalaban-Coura où elle avait développé sa clientèle.
D’après les informations recueillies sur place, des tensions récurrentes existaient au sein du foyer. Plusieurs voisins affirment que le mari nourrissait des soupçons à l’égard de son épouse, qu’il croyait en contact avec le père d’un enfant né avant leur union. Ces allégations n’ont toutefois pas été confirmées par les autorités chargées de l’enquête.
Toujours selon les témoignages concordants du voisinage, une nouvelle dispute aurait éclaté dans la soirée du 4 août, après que le mari eut aperçu son épouse en train d’utiliser l’application WhatsApp. Les habitants interrogés indiquent avoir cru que le différend s’était apaisé lorsque le couple s’est retiré pour la nuit.
C’est au petit matin que les riverains ont appris le décès de la jeune femme. Des sources locales rapportent que le corps présentait des mutilations postérieures au décès. Ces éléments, particulièrement sensibles, devront être confirmés ou infirmés par les investigations menées par les autorités compétentes et les conclusions médico-légales.
Selon les premières informations disponibles, le mari s’est présenté de lui-même dans un commissariat pour signaler le décès de son épouse. Les circonstances exactes de cette démarche ainsi que les déclarations qu’il aurait faites font désormais partie de la procédure judiciaire en cours et devront être établies par les enquêteurs.
Des habitants du quartier décrivent un foyer marqué par des conflits fréquents. Certains témoignages évoquent également une consommation d’alcool par le mis en cause. À ce stade, ces affirmations n’ont pas été officiellement corroborées et devront être vérifiées dans le cadre de l’enquête.
La défunte a été inhumée le mardi 4 août, aux environs de 16 heures, en présence de ses proches. Son décès a suscité une vive émotion au sein de la communauté, où voisins et membres de la famille expriment leur consternation face à ce drame.
L’enquête se poursuit afin d’établir les responsabilités, de reconstituer le déroulement exact des faits et de déterminer les circonstances ayant conduit à cette tragédie. Les conclusions des autorités judiciaires permettront d’apporter des réponses sur cette affaire qui relance les préoccupations autour des violences au sein du couple et de la protection des victimes.
BOUBACAR SANOGO
