avril 2, 2026

Défendu par Marine Tondelier en cas de PMA, demandé par des spécialistes de la fécondité… Qu’est-ce que le diagnostic pré-implantatoire des aneuploïdies ?

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Cet examen génétique consiste à vérifier que l’embryon n’a pas un nombre anormal de chromosomes avant de l’implanter dans l’utérus afin d’éviter les fausses couches.

Faut-il autoriser le diagnostic des embryons avant de les implanter dans le cadre de toutes les PMA ? Le débat reste vif en France où se tiennent des états généraux de bioéthique depuis le 21 janvier 2026, prélude à une possible révision législative. La question a ressurgi avec l’annonce, lundi 31 mars, de la grossesse de Marine Tondelier, secrétaire nationale des Ecologistes et candidate à la présidentielle, qui s’est dite favorable “dans un cadre bien défini” au diagnostic pré-implantatoire des aneuploïdies (DPI-A).

Cet examen génétique sur une cellule d’un embryon obtenu par une fécondation in vitro dans le cadre d’une procréation médicalement assistée (PMA) consiste à vérifier que l’embryon n’a pas un nombre anormal de chromosomes avant de l’implanter dans l’utérus. “Les embryons avec un nombre anormal de chromosomes soit ne s’implantent pas et donnent des faux espoirs, soit sont sources de fausses couches”, a expliqué la gynécologue Joëlle Belaïsch-Allart lors du lancement des Etats généraux de la bioéthique en janvier. Cet examen permet donc d’optimiser les chances d’implantation de l’embryon.

Interdit en France mais pas en Espagne

Faute de DPI-A autorisé en France, certaines femmes et couples qui en ont les moyens financiers se tournent vers des pays où cet examen se pratique, l’Espagne en tête. Seul le diagnostic pré-implantatoire (DPI) est autorisé dans l’Hexagone et ne concerne que des personnes présentant “une forte probabilité de donner naissance à un enfant atteint d’une maladie génétique d’une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic”, selon l’article L2131-4(Nouvelle fenêtre) du Code de la santé publique.

Le DPI est donc strictement encadré par la loi et doit faire l’objet d’une concertation au sein d’un des 49 centres pluridisciplinaires de diagnostic prénatal (CPDPN). Il doit être validé par un médecin, titulaire du diplôme d’études spécialisées de génétique médicale ou d’un diplôme équivalent, délivrant une attestation si une forte probabilité d’enfant atteint d’une maladie génétique grave et incurable est établie.

Cependant, si le CPDPN ne donne pas de réponse favorable à la demande d’examen, “les motifs en sont précisés par écrit au couple ou à la femme non mariée au terme d’un entretien avec le médecin”, stipule l’article R2131-23(Nouvelle fenêtre). La loi précise que les couples constitués d’un homme et d’une femme, de deux femmes ou les femmes célibataires peuvent bénéficier de cet examen génétique. Ces personnes doivent consentir par écrit et les couples doivent justifier d’une vie commune.

Le Sénat s’y est opposé en 2020

Le débat divise toujours la sphère scientifique sur l’application du diagnostic pré-implantatoire des aneuploïdies. Pour Virginie Rio, co-fondatrice du collectif Bamp qui rassemble des personnes infertiles ou en cours de PMA, cette technique limiterait “les échecs qu’on connaît depuis des années” avec la souffrance associée et améliorerait la prise en charge en “évitant de transférer des embryons pour rien”. Joëlle Belaïsch-Allart évoque elle une demande “très importante dans la société”.

Un avis partagé par des spécialistes, comme le président de la Fédération française d’étude de la reproduction Samir Hamamah ou l’endocrinologue de la reproduction Nathalie Massin, au regard d’une “médecine hasardeuse” et des “drames vécus” lors d’arrêts de grossesse. S’il “n’augmente pas les chances pour un couple d’avoir un enfant, car il ne ‘répare’ pas les embryons porteurs d’anomalies”, le DPI-A réduirait “le délai pour obtenir une naissance viable, diminuerait le nombre de fausses couches, les grossesses multiples et les transferts d’embryons non viables”, ont-ils plaidé dans une tribune en 2023.

Franceinfo

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