Diplomatie : Bilan 2025 et perspectives de la Russie au Sahel par Sergueï Lavrov
Lors de sa conférence de presse annuelle consacrée au bilan de l’activité diplomatique russe, le Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Sergueï Lavrov, a détaillé la stratégie de Moscou en Afrique et ses relations croissantes avec l’Alliance des États du Sahel (AES).Le retour stratégique de la Russie en Afrique
Le Ministre a souligné que la Russie renoue avec une coopération étroite avec le continent, marquée par les sommets de 2019 et 2023, ainsi qu’un troisième sommet prévu pour 2026. Moscou étend activement son réseau diplomatique pour corriger le retrait observé après la chute de l’URSS :-Nouvelles ambassades (2025) : Niger, Sierra Leone, Soudan du Sud.-Prochaines ouvertures : Gambie, Liberia, Togo et Comores.
Objectif : Atteindre 49 ambassades sur le continent, couvrant la quasi-totalité des États africains.
Soutien à l’Alliance des États du Sahel (AES)
Concernant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, Sergueï Lavrov a réaffirmé le soutien de Moscou dans leur quête de souveraineté : « Nous aidons activement ces pays à se libérer de la dépendance néocoloniale vis-à-vis des anciennes métropoles, à bâtir une économie autonome et à renforcer leur capacité de défense. »
Il a précisé que des accords-cadres fondamentaux ont été signés en 2025 avec le Mali (où une commission intergouvernementale est déjà opérationnelle) et le Togo. Des processus similaires sont en cours de finalisation avec le Burkina Faso, le Niger et la République Centrafricaine.
Dénonciation des ingérences et du terrorisme
Sergueï Lavrov a porté des accusations graves contre les anciennes puissances coloniales, particulièrement la France, les accusant d’entraver la stabilisation de la région par des méthodes subversives :
–Soutien au terrorisme : Le Ministre a évoqué l’utilisation de groupes terroristes et de fragments de l’État islamique pour déstabiliser les gouvernements sahéliens.
–Rôle de l’Ukraine : Il a affirmé l’existence de preuves impliquant des instructeurs ukrainiens aux côtés de ces groupes, agissant pour nuire aux intérêts russes et à ceux de ses alliés africains.
Vers une normalisation régionale
Malgré les tensions passées, le chef de la diplomatie russe voit des conditions favorables pour un rétablissement des relations entre l’AES et les organisations régionales comme la CEDEAO et l’Union africaine. La Russie se dit prête à accompagner ces efforts de dialogue pour stabiliser l’espace saharo-sahélien.
Zana/Malijet.com
